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LES ENFANTS DE LOYADA

Par Gay (Mermet) Marie-Odile Le 3 février 2016 309 lectures

LES ENFANTS DE LOYADA

3 Février 1976 - 3 février 2016 - Il y a quarante ans, un autocar transportant une trentaine d’enfants otages français, roulait en direction de la Somalie.


Le mardi 3 février 1976 au matin, le bus de ramassage scolaire de la Base Aérienne 188 de Djibouti récupère, en différents points de la ville, les enfants des personnels militaires français. Mais ce jour-là, tout bascule. Quatre indépendantistes du Front de Libération de la Côte des Somalis s’engouffrent soudain dans le bus et, sous la menace de leurs armes, obligent le jeune chauffeur à enfoncer l’accélérateur et à forcer les barrages de gendarmerie pour fuir la ville, avant de devoir s’arrêter au poste-frontière de Loyada.

Heureusement : le gendarme MERMET Jean-Noël était là.

Prévenu par radio, ce dernier, commandant le poste, a réagit immédiatement en faisant bloquer la frontière par son adjoint en plaçant un 4X4 en travers de la piste. Quelques secondes après, l’autocar arrivait, bloqué grâce à l’initiative immédiate de J.N. MERMET.

Le déroulement des heures intenses de tractations entre : Paris - Djibouti - les ravisseurs est relaté dans le livre : LES ENFANTS DE LOYADA qui vient de paraître en librairie. Son auteur : Jean-Luc RIVA a minutieusement repris tous les épisodes de cette prise d’otages. Ce récit est captivant et met en valeur l’action efficace et généreuse d’un porteur de notre patronyme que nous nous devons de féliciter, et porter à la connaissance de nos visiteurs.

Nous recherchons souvent dans l’histoire la mise en valeur historique des anciens. Cette fois-ci, nous collons à l’actualité avec un fait qui rejoint, certes, l’angoisse et l’attente d’un dénouement incertain, mais qui peut se renouveler, hélas, sans que nous nous y attendions.
Dans cet épisode douloureux de Loyada, les gendarmes sont à l’honneur mais principalement aussi le G.I.G.N. qui venait d’être créé et la Légion Etrangère. Ils ont tous eu une action éblouissante de courage, d’abnégation et de précision. Bravo à eux tous.

Le gendarme J.N. MERMET a eu un parcours hors du commun. Il ne s’agit pas du gendarme que nous appréhendons tous de rencontrer avec un alcootest ou un carnet de contraventions. Ce dernier a fait beaucoup plus de social, au sein de sa carrière, que de courses après les voleurs.

Affecté en Guyane, à Saint-Jean du Maroni, à deux jours de pirogue de St-Laurent du Maroni, il a exercé et aidé la tribu Amérindienne dans sa vie quotidienne.

Le voici avec un habitant du village :

Célibataire, il n’a pas hésité un instant à faire partie des 13 gendarmes volontaires qui sont partis aider au rapatriement des français à Saigon en 1975.

Ensuite, affecté à Djibouti, il a grandement œuvré à l’affaire de Loyada.

Le voici lors de la remise de la Médaille de la Gendarmerie à Djibouti, plus haute distinction qui peut être attribuée.

Le 16 Mars 1976, Yvon Bourges, ministre de la Défense signe une citation à l’ordre de la Gendarmerie Nationale rédigée en ces termes :
"Gendarme, commandant la brigade de Loyada, qui a fait preuve les 3 et 4 février 1976, d’une détermination digne d’éloges en immobilisant au péril de sa vie l’autocar à bord duquel quatre terroristes armés retenaient en otages une trentaine d’enfants. Volontaire, au prix de risques personnels énormes, pour assurer à plusieurs reprises la liaison entre les terroristes et le commandement, a pris une part capitale, grâce aux renseignements qu’il a donnés, à la libération des otages avec un minimum de pertes. Son courage tranquille et son mépris du danger ont provoqué l’admiration des autorités civiles et militaires et font honneur à la gendarmerie".

Puis, retour en Guyane.
Affecté au village de CACAO, nouvellement créé pour les réfugiés H’MONGS venus du Vietnam. Ces derniers ont fuit le nouveau régime communiste. L’Etat Français leur avait attribué un petit coin de Guyane, en pleine forêt vierge, pour qu’ils le cultive et le fasse fructifier. Une vrai réussite car maintenant, ils alimentent le marché de Cayenne avec leur production de fruits et légumes.
J.N. MERMET y a construit la première gendarmerie du village

Voici deux photos de ces réfugiés qui ont conservé, loin de leur patrie, leurs coutumes et leur façon de vivre.

Ces épisodes de vie ont consolidé d’intenses souvenirs qui honorent ce beau parcours de vie.

Il faut aussi mettre à l’honneur le courage du jeune appelé qui conduisait le bus et qui a été gravement blessé. De même, deux petites victimes ont succombé à leurs blessures. Tous les petits otages approchent maintenant de la cinquantaine. souhaitons que les mauvais moments passés à Loyada n’aient pas trop perturbé la suite de leur vie. Ils ont été, malgré eux, des petits otages chouchoutés par le gendarme MERMET qui en avait eu grand soin.

Les faits de ce triste épisode d’angoisse pour les familles des petits otages est décrit avec précision dans le livre de Jean-Luc RIVA. C’est un témoignage réel, écrit avec les souvenirs des principaux acteurs.

A noter aussi que Jean-Luc RIVA a retrouvé la trace de Jean-Noël MERMET grâce au site de notre association.