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LES MERMET ONT-ILS FAIT PARTIE DE LA NOBLESSE ?

Par Gay (Mermet) Marie-Odile Le 18 décembre 2012 511 lectures

LES MERMET ONT-ILS FAIT PARTIE DE LA NOBLESSE ?

En octobre dernier, Cédric MOTTIER, historien des pays de l’Ain, nous a fait part de ses recherches au cours d’une conférence concernant notre patronyme, au château de Montanges (Ain). Nous avons le plaisir de vous en faire part.


Ces Mermet, qui ne se font pas encore appeler MERMETY, sont attestés à Montanges (terre de Nantua) au moins depuis le XV° siècle, comptant, dès le siècle suivant, des notaires et des prêtres. Ils s’établissent en partie, aussi comme notaires à Saint-Rambert en Bugey, dès la première moitié du XVI° siècle (d’où très certainement le poète Claude MERMET 1550-1620).  (photo de la place à St-Rambert en Bugey)

 Au cours des dernières décennies du XVI° siècle, sur la base du notariat, les Mermet accèdent à divers offices. Le poète Claude Mermet est secrétaire ducal. Philibert Mermet notaire ducal, est curial, c’est-à-dire greffier de la cour de justice locale, puis "châtelain des Montagnes de Nantua" à la fin de sa vie. Cet office était détenu auparavant par la famille de La Ville depuis les années 1560. Au titre de cette fonction qu’ils vont se transmettre de générations en générations, les Mermet s’installent dès lors au Château de Montanges, qui appartient au prieur de Nantua. Ils constituent le centre administratif et défensif de cette partie de la terre de Nantua.

Toujours roturiers en 1597, les Mermet donnent à une de leurs filles : Charlotte, fille de Philibert, une mari issu de la noblesse : Jean de La Ville, dont Philibert Mermet est aussi le tuteur. Cette première alliance du genre dans leur histoire est prestigieuse pour eux et en amène bientôt d’autres.

Veuve en 1616, Charlotte Mermet se remarie avec Un Reydellet d’Izernore (près Oyonnax) issu lui aussi d’un milieu de notaires ayant alors accédé aux offices de châtelains. Le second mari de Charlotte Mermet : Prosper Reydellet est fils d’Anthoine Reydellet et d’Hugonine Brunet d’Oyonnax (tous deux décédés en 1598). Hugonine Brunet étant certainement une soeur de Jean et Anthoine Brunet, notaires et châtelains à Oyonnax, réhabilités en noblesse en 1591. Prosper Reydellet est à ce titre cousin germain d’Anthoine Brunet, Sieur de Péron en terre de Gex qui, veuf, se remarie en 1631 à Jeanne Mermet, nièce de la seconde épouse de Prosper Reydellet.

 (ci-dessus : maison Brunet à Oyonnax)Dès lors, durant plus d’un siècle, les Mermet, De La Ville, Brunet et Reydellet croisent et recroisent leurs alliances matrimoniales, directement ou via des familles extérieures tels les Meignin et les Chappuis, de la proche Franche-Comté.

Lors de la Guerre de Dix Ans (1634-1644) en tant que châtelains du prieur de Nantua, les Mermet organisent la défense de Montanges contre les Comtois et gèrent des levées d’impôts destinées aux troupes.

Durant le conflit, en novembre 1639, au retour d’une expédition de pillage contre les Bouchoux (Jura) Anthoine Brunet, époux de Jeanne Mermet, est déguillé de son cheval dans la Combe d’Evuaz et il descend, gravement blessé chez son beau-père Louis Mermet, au château de Montanges. Il y décède une semaine après de la septicémie.

(Pré de la Combe d’Evuaz)

Dès le second tiers du XVII° siècle, sur la base de doctorats en droit, les Mermet intègrent diverses cours de justice royales : grenier à sel de Nantua vers 1630 ; élection de Bugey-Gex et bailliage de Bugey vers 1650. Ils deviennent également avocats en parlement vers 1670 étant par ailleurs juges seigneuriaux dans le marquisat de Saint-Rambert.

 (blason Mermety)

A la même époque, vers 1650, les Mermet acquièrent des seigneuries : Montarfier et Virignin près de Belley, ainsi que Bessey près de St-Sorlin.

Mais, ils sont toujours roturiers. En effet, ils ne sont pas assignés lors de l’enquête de noblesse de 1666 et paient le droit de franc-fief en 1675 pour leurs biens nobles. Toutefois, même s’ils n’intègrent pas le second ordre, l’ascension des Mermet est bien réelle. Probablement, pour se distinguer des autres porteurs du nom à Montanges, ils se font appeler : MERMETY vers 1650, puis : De MERMETY vers 1670. 

 (Monogramme MERMETY dans la chapelle de Montanges)

Un siècle plus tard, ils intègrent la Chambre des Comptes de Dijon avec un substitut du procureur général (1745) puis un auditeur (1777).

Peut-être les Mermet auraient-ils pu intégrer la noblesse taisiblement au XVI° siècle, mais, pour ce faire, il leur aurait fallu bénéficier des efforts d’une ou deux générations de plus au seuil de 1559. A ce moment là, la restauration du Duc de Savoie dans ses Etats s’assortit assez rapidement d’un strict assujettissement du renouvellement du groupe nobiliaire à la volonté ducale.

A défaut d’avoir obtenu des lettres de noblesse, les Mermet ont vécu noblement plus d’un siècle durant (1650-1750).

Mais aspiraient-ils réellement à la noblesse ?

Exemptés des tailles au titre de leurs offices royaux, le prix d’achat d’une lettre de noblesse, si tant est que l’occasion s’en fût présentée, naaurait-il pas été de loin supérieur au montant du droit de franc-fief qu’ils devraient payer, en tant que roturiers, pour pouvoir posséder leurs seigneuries 

Décidément, toujours en retard d’un anoblissement, les De Mermety s’éteignent par les femmes au XIX° siècle.

Nous remercions Cédric MOTTIER de nous avoir permis d’utiliser son texte de conférence pour en porter une partie sur notre site. Vous pouvez le retrouver sur :

http://www.nobilitas-quid-est.com

Vous pouvez aussi découvrir le Château de Montanges sur :http://chateaumontanges.canalblog.com/